[Historique]

 

 

 

 

 

L'Abbaye, rêve d'artistes

 

 

  

       C’est en1901 que Georges Duhamel et Charles Vildrac se rencontrent pour la 1ère fois, autour du kiosque à    musique du jardin du Luxembourg où l'on jouait Wagner. Pantalon bouffant, cravate lavallière, chapeau à large bord, les deux jeunes gens se reconnaissent aussitôt comme des poètes et se lient d'une chaude amitié qui durera toute leur vie.Cette rencontre marque le tout début de l'aventure de l'Abbaye car elle est celle des deux écrivains qui formeront le noyau vital de l'Abbaye. Vildrac et Duhamel publieront en effet les oeuvres poétiques majeures du groupe.

    Désireux d’une vie libre et fraternelle, hors des modes et des biens mercantiles qui entravent la création personnelle, inspirés par la Thélème de  Rabelais et un poème de Charles Vildrac “je rêve l'Abbaye”, six jeunes poètes et artistes fondent un phalanstère à l’automne 1906 : René Arcos, Georges Duhamel, Albert Gleizes, Henri-Martin Barzun, Alexandre Mercereau, Charles Vildrac.

    Une maison entourée d'un grand parc est louée à Créteil, au bas de la rue du Moulin, le long de la Marne. Les jeunes gens y installent une imprimerie avec l’aide d'un compagnon typographe, Lucien Linard, pour tenter de vivre en commun du travail de  l'édition.

   Les journées sont organisées de manière à ce que chacun puisse se consacrer à son art personnel tout en accordant une part de son temps aux travaux d’édition, source de revenus du groupe.

 

 

                             

 

 

                    Intérieur de l'Abbaye

 

 

     En une année, de janvier 1907 à janvier 1908, une vingtaine de livres est imprimée.  

     Le 21 juillet 1907, une grande fête est organisée dans le parc qui réunit artistes, poètes, comédiens. On chante, lit des poèmes, découvre les oeuvres exposées de Gleizes, Mahn, d’Otémar, Doucet, d'autres encore.

     Malgré l'intérêt de nombreux visiteurs, curieux, journalistes, aucun mécène n’apporte une aide financière.

       Le 28 janvier 1908, les jeunes gens ferment   la maison de Créteil, en raison du manque d'argent et de discordes internes, dues au frottement des caractères comme aux difficultés de la vie communautaire.

       Durant quelques mois encore, l'édition de l'abbaye, réfugiée à Paris, rue de Blainville dans le cinquième arrondissement, tenta vainement de survivre. Le groupe continuera de se réunir, une fois par mois, au cours du “dîner des copains” auquel de nombreux poètes s'associeront.

 

                                                                    La Légende de l'Abbaye de Créteil est née

 

 

   

 

Le parc de l'Abbaye: Arcos, Mercereau, Duhamel, Gleizes, Vildrac

        1er plan: Charles Vildrac - René Arcos - Albert Gleizes - Barzun - Alexandre Mercereau

                           2ème plan: Georges Duhamel - Berthold Mahn - d'Otémar

  Chacun des fondateurs du phalanstère accomplira une oeuvre personnelle, à sa manière et selon ses talents, fidèle aux idées essentielles qui avaient inspiré leur groupe: la foi en la vocation libératrice de l'art, la nécessité pour le créateur de s'affranchir des contraintes d’une société vouée aux lois du marché,  son rôle de guide auprès des hommes.

                                                                        

 

                                              Georges Duhamel a témoigné de cette aventure dans : Le temps de la recherche, 3ème volume de Lumière sur ma vie                                                                                                                                    Le désert de Bièvres, 5ème volume de la Chronique des Pasquier