Albert Doyen (1882-1935)


Albert Doyen est né le 3 avril 1882 à Vendresse, petit village des Ardennes où son père était instituteur. A près des études classiques à Châlons-sur-Marne, il s’oriente définitivement vers la musique, entre à Paris  à l’école Niedermeyer, puis au Conservatoire où il est  l’élève de Widor en 1903. Disciple de Bruneau et de Charpentier, il compose déjà abondamment, notamment une “ Symphonie funèbre à la mémoire de Zola « .

Il est très tôt saisi par l’idée de la valeur éducative de la musique, et de la nécessité sociale de la faire connaître au peuple, il participe à des chorales où il rencontre celle qui deviendra sa femme, Rachel, qui a une magnifique voix de contralto et qui l’aidera et le soutiendra dans toute son oeuvre.

Il s’associe en 1907 au groupe de l’Abbaye de Créteil et se lie d’amitié avec Vildrac et  Duhamel, il composera des mélodies et des oeuvres chorales sur certains de leurs poèmes. ( “Les voix du vieux monde” oratorio sur des poèmes de Duhamel.)

Poursuivant son idée d’éducation populaire par la musique, il fonde en 1917, avec Jean Marguerite, »Les Fêtes du peuple”, chorale d’amateurs bientôt accompagnée d’un orchestre d’amateurs. L’ensemble, grâce à son énergie, s’élèvera à un haut niveau, avec cent musiciens et deux cents choristes. Les répétitions sont hebdomadaires dans un vieux marché désaffecté au pied de la butte Montmartre. Et bientôt des filiales se constituent en province : à Rouen, à Lyon où chante César Geoffray qui créera plus tard la chorale » A cœur joie « .

 

Les Fêtes du peuple

Cependant les  » Fêtes du peuple  » se mobilisent pour les grandes causes sociales. Le premier concert est donné pour l’anniversaire de la Commune de Paris.

En 1919, Doyen remplit la grande salle de l’ancien Trocadéro pour une  » Fête du Souvenir à la mémoire de Jean Jaurès « . Et en 1932, l’orchestre et les chœurs joueront, en plein air, dans un stade le final de la Neuvième Symphonie de Beethoven entre deux épreuves sportives.Mais au faîte de sa gloire et de ses activités, Doyen meurt brusquement d’un accident cérébral    le 22 octobre 1935, à l’âge de 53 ans laissant un mouvement musical et social neuf et fécond.  » LesFêtes du peuple  » dureront encore un moment; mais elles ne survivront cependant pas à l’énergie de leur créateur, laissant dans le monde de la musique un beau souvenir de joie partagée et de fraternité. Son oeuvre vocale, ses compositions symphoniques et de musique de chambre, son opéra « Le juif errant” sont à découvrir

 

A consulter au « Fonds de l’Abbaye » à la Bibliothèque principale de Créteil

Partitions Manuscrits Donation   Rachel Doyen, cantatrice et épouse de l’artiste

Site à Visiter : http://hector.ucdavis.edu/SdC/Programs/Pr110.htm