Jean-Richard Bloch (1884-1947)


Jean-Richard Bloch ne fit pas partie de l’Abbaye de Créteil, ni même des  » thélémites en robe courte” qui  fréquentaient plus ou moins assidûment la rue du Moulin. Les premières rencontres avec les poètes de l’Abbaye n’eurent lieu qu’en 1912, suite à la publication dans  « L’Effort le 1er octobre 1911, d’un article élogieux de Jean-Richard Bloch consacré à  » Selon ma loi de Georges  Duhamel .

Une amitié forte et durable

Agrégé d’histoire en 1907, Jean-Richard Bloch prit un congé de l’enseignement pour se consacrer à des  travaux personnels. A Poitiers, où il résidait, il créait en 1910 « L’Effort »petite revue mensuelle ou bimensuelle de combat littéraire dont le but était double. Il le définissait d’une part comme  » La critique technique des oeuvres  d’art considérées du point de vue d’une exécution probe et désintéressée,  » d’autre part comme  » La recherche des oeuvres où se trouve tentée l’expression  des passions et des souffrances propres à notre art social ».

Les poètes de l’Abbaye ne pouvaient échapper à cette investigation, d’autant moins qu’entre leur conception de l’art et celle du  » Directeur-gérant  » de  »  L’Effort  » existaient des points communs. Certes, Duhamel, auteur de « Selon ma loi«  n’avait rien d’un poète de la révolution politique ou sociale, tel que le  concevait Jean- Richard Bloch. Fidèle à l’esprit de l’Abbaye, Duhamel n’aspirait qu’à une révolution poétique fondée sur la relation humaine et la parole  qu’elle libère.

Mais l’intelligence critique qui vaudra à Jean-Richard Bloch de devenir, dans les années Vingt, directeur littéraire des éditions Rieder lui permettait  d’apprécier dans « selon ma loi »,  » un sentiment aigu d’humanité”,la discipline imposée à l’expression « , “ une musique interne  » qui faisaient de Duhamel  le peintre par excellence de  » l’homme moderne « . Cet article valut à son auteur de vives critiques de la part des partisans de la Renaissance classique, hostiles  à l’idée de révolution dans l’art, mais il fut à l’origine d’une amitié forte et durable.

Malgré les différends ou les querelles qui surgirent au fil des années, dès ce moment, Jean-Richard Bloch fut invité au  » Dîner des Copains  » qui réunissait  une fois par mois dans Paris les anciens de l’Abbaye et leurs amis.

Fin 1911 dans une Anthologie de  » L’Effort » consacrée à quelques poètes contemporains paraissaient des poèmes inédits de Duhamel, Arcos, Vildrac. Ce  dernier fit partie en 1912 du Comité de  » L’Effort libre  » (ancien Effort)

Après avoir traversé les épreuves de la guerre, dans les années 20, le petit groupe se retrouva aux côtés de Romain Rolland pour la défense de la paix et des  libertés et contribuer à la création de la revue  » Europe  » dont Arcos devint l’un des codirecteurs. Nombreux furent les manifestes des années vingt où figurent associés les noms de Duhamel, Vildrac, Jean-Richard Bloch.

Vérité   poétique

En 1937, lorsque Duhamel entreprit de faire revivre l’Abbaye dans ( Le Désert de Bièvres ) 5ème tome de “ la Chronique des Pasquier” il confia l’un des  rôles principaux à Justin Weill en prêtant à celui-ci des traits de Jean-Richard Bloch. L’ancien directeur de L’Effort qui avait accordé une “ cordiale  hospitalité « dans sa revue aux poètes de l’Abbaye, entrait ainsi dans la légende sous le voile de la fiction romanesque.

En 1947, lors de la mort de Jean-Richard Bloch, Duhamel affirmait qu’il avait été, dès le commencements l’un de ses compagnons de route.

En juin 1996, notre Association consacrait son cahier annuel, le N°17 aux correspondances Jean-Richard Bloch, Georges Duhamel, cet ouvrage est encore  disponible auprès de notre Association. mailto: amimat95@tele2.fr

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